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Mémoire, transmission et culture du Pencak Silat

Histoire

Comment le Kuntao Jago Tarong et le Pencak Silat se sont implantés à Bordeaux, et pourquoi ce site existe aujourd'hui.

La lignée : de Probolinggo à Bordeaux

Le Jago Tarong ("jeu du coq") est un art traditionnel de défense pratiqué à Probolinggo, à l'est de Java, transmis dès l'enfance dans les kampung. Il y était enseigné par Wongsokarto, surnommé "Kèk So", et par son fils Kasan, qui y intégra l'usage du couteau court, arme traditionnelle des Madurais.

Lodie Tönjes, né en 1928 à Probolinggo, d'origine indo-madurée, a appris le Jago Tarong auprès de Wongsokarto et Kasan dès l'âge de sept ans. Installé aux Pays-Bas, il a enseigné le Pencak Silat à Tilburg et Eindhoven à partir de 1977. Il est décédé il y a environ 4 à 6 ans.

C'est cette lignée — Wongsokarto/Kèk So, puis Tönjes à Tilburg — qui a été transmise à Christophe Darche, à l'origine de l'implantation du Kuntao Jago Tarung à Bordeaux.

Les débuts à Bordeaux : une association importante

La pratique du Kuntao Jago Tarung s'est développée à Bordeaux au sein d'une association qui a rassemblé, à son apogée, un nombre important de pratiquants, sous l'enseignement de Christophe Darche. Le club s'est aussi ouvert à d'autres styles de Pencak Silat originaires de l'Ouest de Java et du Banten, par le biais de séminaires : l'Ulin Makao, dispensé par Gending Raspuzi (fondateur de l'institut Garis Paksi, créé à Tasikmalaya en 1997), avec des séminaires tenus à Bordeaux en 2018 et 2019 ; et le Gadjah Putih, transmis par Deden Effendi, également enseignant de Kateda.

Sophie Ancel, une présence essentielle

Sophie Ancel, alors épouse de Christophe Darche, était pratiquante d'Ibing Penca, la danse traditionnelle liée au Pencak Silat. Sans elle, l'association n'aurait tout simplement pas existé. Elle est aujourd'hui professeure de yoga et consultante en ayurveda.

Une reconnaissance fédérale

Le club s'est affilié à la FFST (Fédération Française du Sport Travailliste, qui accueille le Pencak Silat depuis 2014) en 2018, sous l'impulsion de Frédéric Martins, élève de Christophe Darche de la première heure. Siegfried Sekkai en était le représentant régional pour la Nouvelle-Aquitaine.

L'âge d'or : 2017-2019

En 2017, la venue de Sifu Hakim fait travailler au club des faucilles indonésiennes traditionnelles.

En 2018, Gending Raspuzi honore le club dans le cadre de son tour du monde et fait découvrir l'Ulin Makao. En 2019, il revient transmettre l'Ulin Peupeuh et le Maenpo Cikalong (un style proche, dans l'esprit, du Wing Chun). La même année, Ulrick Lagarde se rapproche, via Gending Raspuzi, du Limbao (style à deux bâtons), avant de travailler les arts martiaux philippins (FMA) aux côtés de Christophe Darche et de Mugica. Christophe part également se former au JJB (Jiu-Jitsu Brésilien) chez les frères Garcia, ce qui lui permet de fluidifier les transitions au sol dans son propre enseignement. Le club reçoit aussi Gabriel Facal, sociologue et fondateur de sa propre école de Pencak Silat.

Entre-temps, Deden Effendi revient à de nombreuses reprises. C'est l'âge d'or du club, avec une cinquantaine d'inscrits. Le bureau de l'époque — Siegfried Sekkai, Frédéric Martins et Ulrick Lagarde — organise de nombreux événements : cours de self-défense, partenariat avec Decathlon, projet de séminaire avec les Coqs Rouges, préparation du premier camp français de Sunda Silat, reconnaissance du Pencak Silat par l'UNESCO, et un travail de réconciliation nationale avec d'autres clubs, divisés par l'arrivée du Pencak Silat de self-défense.

2020 : le Covid

Puis vient 2020 : la pandémie interrompt l'activité collective. Les difficultés qui suivront useront ce qu'il restait du club.

La dissolution de l'association

Au fil du temps, l'orientation donnée par l'enseignant a connu plusieurs changements de direction. Ces évolutions, conjuguées à des désaccords internes, ont conduit à l'arrêt de l'activité collective de l'association.

Une période de transition a suivi, durant laquelle plusieurs personnes ont cherché à reprendre la structure ou à en créer une nouvelle, sans qu'aucune initiative ne se concrétise durablement.

Nous remercions Christophe Darche pour le travail accompli durant ces années. Il est aujourd'hui totalement décorrélé de l'activité du club.

La continuité, en petit comité

Malgré l'absence de structure formelle, les pratiquants les plus motivés ont continué à s'entraîner — à distance ou en petit groupe — notamment avec Deden Effendi et Gending Raspuzi. Cette période a permis de maintenir un lien vivant avec la pratique, même sans cadre associatif visible.

Aujourd'hui

Ce site a pour but de rassembler cette mémoire dispersée : retracer d'où vient la pratique du Pencak Silat à Bordeaux, reconnaître les personnes qui l'ont maintenue en vie, et donner une base claire à ceux qui souhaitent aujourd'hui la faire vivre à nouveau.

L'histoire de ce club est longue et mouvementée, et toutes les pièces n'en sont pas encore rassemblées. Si vous avez des informations, des souvenirs, des dates ou des documents à partager, nous sommes preneurs.

Cette page sera complétée au fil du temps : dates précises, noms des pratiquants historiques, photos et témoignages sont les bienvenus. Contactez-nous si vous souhaitez contribuer à cette mémoire collective.